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Le pot aux roses

le pot aux roses

Pourquoi dit-on « le pot aux roses » ?

Découvrir le « pot aux roses » signifie mettre à jour un secret ou une supercherie.

Plusieurs hypothèses coexistent quant à l’origine de cette expression née au 13ème siècle.

Selon la première, le « pot aux roses » serait le récipient utilisé par les femmes au Moyen âge pour conserver leur maquillage. En le découvrant les hommes comprenaient immédiatement que la beauté de leur bien aimée tenait en partie à l’usage d’artifices. Un mystère était donc percé.

Selon une autre explication, le « pot » en question devrait être entendu comme le couvercle d’un « pot » de parfum ou d’eau de roses, qui une fois soulevé s’évaporait s’il n’était pas à nouveau couvert rapidement.

Plus généralement il semble que le « pot » doive être compris comme les récipients multiples que l’on trouvait dans les foyers à l’époque de l’apparition de cette expression, qui tant qu’il demeurait fermés portaient un part de mystère quant à leur contenu. Une fois le couvercle soulevé, la nature de ce qui s’y trouvait pouvait surprendre, intéresser ou révolter.

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Un enfant de la balle

Enfant de la balle

Pourquoi dit-on « un enfant de la balle » ?

Un « enfant de la balle » est une personne, le plus souvent un artiste, qui a été élevée par des parents exerçant un métier artistique.

Plusieurs hypothèses coexistent quant à l’origine de cette expression. Celle la plus communément admise date du 17ème siècle. Elle est en lien avec le jeu de paume, le sport ancêtre du tennis. La « balle » de l’expression serait donc celle de ce jeu de raquette. Quant à l’ « enfant » il s’agirait du fils du maître du jeu de paume, qui grâce à l’enseignement reçu de son père, a atteint un excellent niveau dans la pratique de ce sport.

L’application postérieure de cette expression au monde artistique est plus confuse. Il semblerait qu’elle soit due à l’utilisation des salles de jeu paumes par les artistes eux-mêmes et leurs enfants comme salle de répétition pour leurs spectacles.

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Pleurer comme une Madeleine

pleurer comme une Madeleine

Quelle est l’origine de l’expression « pleurer comme une Madeleine » ?

Celui qui « pleure comme une madeleine », pleure abondamment sans pouvoir s’arrêter. On note la première utilisation de cette expression au XIXème siècle dans La Comédie Humaine d’Honoré de Balzac.

« Madeleine » n’est pas ici une référence au délicieux petit gâteau traditionnel lorrain mais à la personne de Marie-Madeleine dans la Bible.

Ancienne prostituée, elle se confessa à Jésus et pleura tant sur ses pieds qu’elle les lava avec ses larmes, avant de les sécher grâce à ses cheveux.

Par la suite, alors que Jésus avait disparu de son tombeau, elle pleura devant celui-ci et une fois à l’intérieur, encore en larmes, vit deux anges vêtus de blanc avant de voir apparaitre Jésus Christ lui-même qui l’interrogea sur la raison de ses sanglots.

Elle devint ainsi une référence naturelle pour qui désire souligner le caractère intarissable d’une crise de larmes.

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De la crotte de bique

de la crotte de bique

D’où vient l’expression « de la crotte de bique » ?

On dit de telle chose qu’il s’agit « de crotte de bique » pour souligner sa large insignifiance.

La « crotte » est synonyme d’excrément. Mais pourquoi celle de la bique serait-elle particulièrement sans valeur ? Il faut la comparer avec celle produite par d’autres animaux de la ferme comme les vaches ou encore les chevaux. Ceux-ci produisent des excréments dans des proportions bien plus importantes comparées au fin chapelet de minuscules boules dont la bique se contente.

Outre la quantité, la qualité est également bien moindre. Si le crottin de cheval ou les bouses de vaches peuvent être utilisés comme engrais naturel ou combustible, rien de tel n’est possible avec les crottes de bique.

Sans aucune utilité particulière et ridiculement petite, la crotte de bique traine tristement son caractère négligeable, tant sur les chemins de campagne que dans nos conversations.

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Bayer aux corneilles

bayer aux corneilles

Quelle est l’origine de « bayer aux corneilles » ?

« Bayer aux corneilles » désigne depuis le 16ème siècle le fait de ne rien faire d’utile, de regarder futilement en l’air, oisivement.

Le verbe « bayer » est à distinguer de « bâiller ». Il signifie ici être bouche bée, c’est à dire avoir la bouche ouverte. A l’époque de l’apparition de l’expression, « corneille » est employé pour les choses anodines, négligeables. On dit par exemple « voler pour corneille » pour indiquer d’une chasse qu’elle portait sur un gibier de médiocre qualité.

« Corneille » vient donc de façon presque redondante doubler l’idée d’absence d’importance et donner à l’expression la signification littérale suivante : rester bouche bée devant une chose ayant très peu d’intérêt.

Mais aux corneilles, gageons que certains préfèreront toujours « regarder les mouches voler » !

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Par monts et par vaux

par monts et par vaux

Pourquoi dit-on « par monts et par vaux » ?

« Par monts et par vaux » signifie « en de nombreux lieux » ou « partout ». On dit ainsi d’une personne qui est sans cesse en déplacement, dans tous les endroits possibles et imaginables, qu’elle est toujours « par monts et par vaux ».

Composée des pluriels de « mont » et « val », cette expression est apparue au 15ème siècle et désignait alors les montagnes et vallées dont la France était composée. Celui qui se déplaçait assidûment passait ainsi par de multiples reliefs. Elle porte donc la notion du déplacement géographique total, que ce soit en altitude ou en distance.

Si le pluriel de « mont » ne pose de difficulté, celui de « vallée » par la forme « vaux » mérite un mot. « Vau » est tout simplement la forme ancienne de « val », utilisée jusqu’au siècle d’apparition de l’expression.

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C’est coton

c’est coton

Pourquoi dit-on « c’est coton » ?

On peut dire d’une situation qu’elle est « coton » pour indiquer à quel point elle est difficile, pénible.

Dans l’argot du XIXe siècle le mot « coton » signifie « difficile ». Pour comprendre pourquoi cette fibre végétale a acquis cette signification, il faut rappeler le caractère extrêmement fastidieux de sa production, notamment si l’on voulait fabriquer du coton de bonne qualité. Il fallait dans ce cas que les ouvriers soient particulièrement attentifs à leurs gestes afin de tisser sans irrégularité ni imperfection. Application à laquelle s’ajoutait des risques en terme de santé pour ceux qui travaillaient dans les locaux de filature ou de tissage dont l’air pouvait être saturé de poussières.

Au départ cantonné au domaine industriel, l’expression « c’est coton » s’en est émancipé au cours du XIXème siècle pour s’appliquer au sens figuré à toute activité contraignante ou déplaisante.

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Sur le carreau

sur le carreau

Quelle est l’origine de l’expression « sur le carreau » ?

Rester ou être « sur le carreau » consiste à être dans une situation difficile, laissé de côté voire vaincu.

Plusieurs hypothèses existent quant à l’origine de cette expression, dont celle évoquant le « carreau » de la mine. Il s’agit de l’endroit d’où les mineurs étaient appelés pour descendre travailler sous terre. Ceux qui ne l’étaient pas ne rejoignaient pas le groupe. Mais chronologiquement cette explication ne tient pas. En effet une forme ancienne de « sur le carreau » apparait dès le 15ème siècle.

En revanche au 12ème siècle on se met à désigner par le terme « carreaux » les pavés de terre cuite utilisés pour les sols et sur lesquels gisaient les personnes décédées.

On dit enfin que le carreau serait celui du jeu de paume. Durant une partie, lorsqu’un des joueurs tombait pour parvenir à taper la balle, il perdait le point. Il restait donc sur le carreau !

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Être un pigeon

Un pigeon

D’où vient l’expression « être un pigeon » ?

Celui qui est ou passe pour un pigeon, s’est fait duper. Pourquoi donc cette métaphore animale fait du pigeon une victime dès le 15ème siècle ?

A l’origine le mot « dupe » est une déformation de la « huppe », un oiseau fort apprécié par les classes aisées de l’époque et possédant une crête imposante. Lui ôter sa huppe, le « dé-hupper » donc, consistait à le plumer, rapidement devenue « duper ». Appliquée aux hommes, celui qui s’est fait plumer à bien été victime d’une malhonnêteté, d’un mauvais tour.

Mais le pigeon étant moins rare que la huppe, il a vite servi à désigner le « dupe », celui qui s’est fait avoir et qui en conséquence est parfois la cible de moqueries.

A noter par ailleurs qu’au Moyen Âge les pigeonniers étaient signes de richesse. Certains pouvaient tromper sur le nombre de volatiles en leur possession pour tromper autrui sur leur fortune personnelle.

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Joindre les deux bouts

joindre les deux bouts

Quelle est l’origine de l’expression « joindre les deux bouts » ?

Avoir des difficultés à joindre les deux bouts signifie avoir des fins de mois difficiles, se trouver dans une situation financière problématique.

Cette expression trouverait son origine dans une mode vestimentaire datant du XVIème siècle, la collerette. A cette époque la tendance des cols montants à dentelle pour les femmes gagne les hommes. Au milieu du siècle la collerette devient un accessoire distinct de la chemise et prend le nom de « fraise ». Elle devient rapidement un signe de réussite sociale et financière.

Aussi certains nobles peu fortunés se faisaient confectionnés des fraises démesurément grandes pour laisser croire à une immense richesse. Mais en conséquence cela élargissait considérablement la taille de leur tour de cou une fois habillé. Aussi durant les repas, leur serviette, dont il n’avait pas ajusté la taille proportionnellement à celle de la collerette, se trouvait être trop petite pour être nouée. Ils avaient donc au sens propre du mal à «joindre les deux bouts».