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Rire comme une baleine

rire comme une baleine

Pourquoi dit-on « rire comme une baleine » ?

« Rire comme une baleine » signifie depuis le 19ème siècle rire la bouche grande ouverte. Il existe deux explications quant à son origine.

Selon la première hypothèse, cette expression fait référence à la gueule des baleines. En effet celui qui rit à pleine dent en ouvrant très grand la bouche, offre un spectacle proche, toutes proportions gardées, de celui du plus grand de nos mammifères quand il donne à voir l’immensité de sa gueule.

L’autre hypothèse est également en lien avec l’animal marin mais de façon indirecte. Les « baleines » sont les fines tiges métalliques permettant de maintenir la toile d’un parapluie. Or par le passé elles étaient fabriquées en fanons, ces lames qui correspondent aux dents chez le cétacé. Or une fois le parapluie ouvert, les « baleines » se déploient et prennent une courbure qui peut évoquer une bouche en train de rire.

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Sous les feux de la rampe

sous les feux de la rampe

D’où vient l’expression « sous les feux de la rampe » ?

Celui qui se trouve « sous les feux de la rampe » bénéficie d’une exposition publique. Mais de quelle rampe s’agit-il au juste ? Et pourquoi serait-elle en feu ?

Cette expression trouve son origine dans le monde théâtral. Dans les salles de spectacle du 17ème siècle la scène était éclairée grâce à des chandelles disposées à l’arrière de la scène. Mais cet éclairage était insuffisant. Les spectateurs avaient du mal à voir les comédiens.

Les metteurs en scène décidèrent alors de déplacer les chandeliers et de les installer sur une planche, la rampe, située à l’avant de la scène. Etre « sous les feux de la rampe » désignait donc simplement « être sur scène ».

Au 20ème siècle, malgré le recours à l’électricité pour éclairer les théâtres, l’expression continua d’être employée. Sa signification s’élargit cependant pour traiter des personnes qui même de façon temporaire se trouvent sous les projecteurs de quelque nature qu’ils soient.

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Tourner casaque

tourner casaque

Pourquoi dit-on « tourner casaque » ?

« Tourner casaque » consiste à changer d’opinion ou de parti soudainement et souvent de façon intéressée. Cette expression exprime la même idée que cette apparue plus tardivement « retourner sa veste ».

Son origine date du 17ème siècle. Selon Gilles Henry dans son Les expressions nées de l’histoire, Charles-Emmanuel Ier de Savoie, duc de Savoie et prince de Piémont eut un rôle déterminant dans son élaboration. Ce prince passait des alliances changeantes et contradictoires en fonction de ses propres intérêts, tantôt avec la France, tantôt avec l’Espagne. Or il portait une casaque, c’est-à-dire un manteau ample à manches longues sur son armure, comme cela était de coutume chez certains hommes d’armes, les cavaliers, notamment les mousquetaires.

Mais sa casaque avait une particularité. Elle était bicolore, blanche d’un côté en référence à la monarchie française, et rouge de l’autre, en référence à l’Espagne. Pour signifier son allégeance à l’une ou à l’autre partie il tournait simplement casaque.

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Dents du bonheur

dents du bonheur

Pourquoi dit-on les « dents du bonheur » ?

Avoir les « dents du bonheur » consiste à être pourvu d’incisives supérieures écartées. En France Vanessa Paradis et Yannick Noah sont les personnalités les plus emblématiques présentant cette particularité dentaire. Selon une croyance populaire elle serait le signe de personnes particulièrement heureuses et chanceuses.

L’origine de cette expression daterait des guerres napoléoniennes. A cette période ceux qui présentaient ce signe physique pouvaient être réformés. Ils échappaient donc à la guerre. Le motif était le suivant : l’espace qui séparait leurs dents les empêchait d’utiliser leur dentition pour couper l’emballage en papier dans lequel se trouvait la poudre avec laquelle ils devaient recharger leur fusil. Ils ne pouvaient en effet effectuer ce geste avec leurs mains, déjà occupées à tenir leur arme.

L’impossibilité d’effectuer cette manipulation indispensable sur le champ de bataille, les rendait inapte à être soldat. On comprend alors aisément pourquoi, pour certains, cela était source de bonheur.

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Rester en carafe

rester en carafe

D’où vient l’expression « rester en carafe » ?

Celui qui « reste en carafe » est abandonné. Il est oublié et reste en plan.

Cette expression date du 19ème siècle. Dans le langage argotique la « carafe » désignait la bouche ou la gorge, qui à l’image de la carafe accueille des liquides variées. Mais cette zone de notre anatomie nous sert aussi à parler. Or quand les mots manquent lors d’un discours ou d’une prise de parole quelconque, on reste bouche bée. Les mots font défaut. Celui qui voudrait s’exprimer peut alors connaitre un sentiment d’abandon. Le lien est donc établi entre la bouche c’est à dire la carafe, et le fait d’être en plan.

Par la suite on a utilisé cette locution en dehors du strict domaine de l’expression orale pour toute personne qui est laissée seule; par exemple dans le milieu cycliste quand un coureur connait une crevaison sans pouvoir être dépanné rapidement. Il peut alors avoir l’air cruche !

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Au temps pour moi

au temps pour moi

Pourquoi dit-on « au temps pour moi » ?

Cette locution permet à une personne de reconnaître son erreur et d’adapter son avis en fonction de cette celle-ci. S’il est fréquent de voir écrit « autant pour moi », l’Académie française est formelle : l’orthographe à retenir est « au temps pour moi ». Et cette orthographe découle précisément de l’origine de l’expression.

Dans le langage militaire, l’injonction « au temps ! » est utilisée pour commander la reprise d’un mouvement depuis le commencement. L’idée est donc de reprendre pour corriger. Ainsi il est naturel que cette injonction appliquée à soi-même se traduise par « au temps pour moi ».

Quant à la version familière « autant pour moi », largement employée de nos jours, personne n’est capable de la dater avec précision. Certains comme Maurice Grevisse, avancent même qu’elle est antérieure à celle orthographiée « au temps » ; alors que pour d’autres linguistes les deux versions doivent être considérées comme distinctes.

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Le pot aux roses

le pot aux roses

Pourquoi dit-on « le pot aux roses » ?

Découvrir le « pot aux roses » signifie mettre à jour un secret ou une supercherie.

Plusieurs hypothèses coexistent quant à l’origine de cette expression née au 13ème siècle.

Selon la première, le « pot aux roses » serait le récipient utilisé par les femmes au Moyen âge pour conserver leur maquillage. En le découvrant les hommes comprenaient immédiatement que la beauté de leur bien aimée tenait en partie à l’usage d’artifices. Un mystère était donc percé.

Selon une autre explication, le « pot » en question devrait être entendu comme le couvercle d’un « pot » de parfum ou d’eau de roses, qui une fois soulevé s’évaporait s’il n’était pas à nouveau couvert rapidement.

Plus généralement il semble que le « pot » doive être compris comme les récipients multiples que l’on trouvait dans les foyers à l’époque de l’apparition de cette expression, qui tant qu’il demeurait fermés portaient un part de mystère quant à leur contenu. Une fois le couvercle soulevé, la nature de ce qui s’y trouvait pouvait surprendre, intéresser ou révolter.

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Un enfant de la balle

Enfant de la balle

Pourquoi dit-on « un enfant de la balle » ?

Un « enfant de la balle » est une personne, le plus souvent un artiste, qui a été élevée par des parents exerçant un métier artistique.

Plusieurs hypothèses coexistent quant à l’origine de cette expression. Celle la plus communément admise date du 17ème siècle. Elle est en lien avec le jeu de paume, le sport ancêtre du tennis. La « balle » de l’expression serait donc celle de ce jeu de raquette. Quant à l’ « enfant » il s’agirait du fils du maître du jeu de paume, qui grâce à l’enseignement reçu de son père, a atteint un excellent niveau dans la pratique de ce sport.

L’application postérieure de cette expression au monde artistique est plus confuse. Il semblerait qu’elle soit due à l’utilisation des salles de jeu paumes par les artistes eux-mêmes et leurs enfants comme salle de répétition pour leurs spectacles.

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Tenir le haut du pavé

tenir le haut du pavé

Pourquoi dit-on « tenir le haut du pavé » ?

Celui qui « tient le haut du pavé » profite d’une position sociale élevée. Il ne s’agit pas ici de surmonter un seul pavé, mais un ensemble de pavés situés plus haut que les autres.

Les rues en France n’ont pas toujours été goudronnées et plates. Au Moyen Âge elles étaient pavés et concaves. Ainsi la chaussée était plus basse au centre que sur les côtés, là où elles rejoignaient les murs des maisons. Dans la partie centrale les eaux usées coulaient. En l’absence de trottoir les passants marchaient donc sur les parties plus élevées.

Or il était de coutume lorsque deux personnes se croisaient, que la moins fortunée quitte la partie haute pour la laisser libre à la personne la plus riche. L’étroitesse des rues empêchait en effet que deux individus restent au même niveau. La personne de la classe sociale la plus élevée tenait donc toujours le « haut du pavé » afin de ne pas salir ses vêtements dans la partie basse.

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Garde-chiourme

garde-chiourme

Quelle est l’origine de « garde-chiourme » ?

Un « garde-chiourme » désigne toute personne sévère en charge de la surveillance d’un lieu et dont le caractère est jugé brutal et autoritaire.

A l’origine, durant l’Antiquité, le terme « chiourme » était utilisé pour les chants qui donnaient la cadence aux rameurs sur les galères navigants en Mer Méditerranée. Accompagnés le plus souvent de tambours, ces chants donnaient aux forçats le rythme de l’effort qu’ils étaient contraints de produire pour faire avancer leur embarcation plus rapidement qu’à la seule force du vent dans les voiles.

Ainsi par extension le mot « la chiourme » s’est mis à désigner les galériens eux-mêmes, tantôt rameurs volontaires, tantôt esclaves ou repris de justice. Pour s’assurer que ces hommes ne faiblissaient pas, un gardien muni d’un fouet les surveillait. Ce « garde-chiourme » prenant place dans la cale aux côtés des galériens faisait souvent preuve de la plus grande brutalité.