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Coincer la bulle

coincer la bulle

D’où vient l’expression « coincer la bulle » ?

« Coincer la bulle » consiste à ne rien faire.

Datée du XXème siècle, cette expression vit le jour dans le domaine des armées. Au cours d’exercices de tirs de mortiers à l’Ecole militaire de Saint-Cyr les soldats devaient s’assurer que cette arme était parfaitement à l’horizontale. Pour vérifier que tel était le cas, ils utilisaient un niveau, cet instrument connu en maçonnerie qui présente en son centre un petit réservoir de liquide et une bulle d’air coincée à l’intérieur. Quand la bulle est au milieu, exactement entre deux marques, cela signifie que le support sur lequel le niveau est posé est bien à l’horizontale.
Une fois que les artilleurs avaient constaté que tel était le cas sur le niveau posé sur l’arme, ils avaient « coincé la bulle » et n’avaient plus qu’à attendre les instructions.

Cette marque de passivité fut ensuite reprise dans le langage courant.

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S’attirer des bricoles

s’attirer des bricoles

D’où vient l’expression « s’attirer des bricoles » ?

Personne ne veut « s’attirer des bricoles » c’est-à-dire des ennuis, dont la gravité pousse souvent leur auteur devant les tribunaux.

Le terme « bricole » date du Moyen Age. Il s’agissait d’une arme semblable à une catapulte avec balancier et contrepoids, utilisée à partir du 11ème siècle. Fort redoutée, elle permettait d’envoyer des boulets et autres projectiles sur les positions ennemis à quelques dizaines de mètres.

Cette arme tire son nom du caractère hâtif de sa conception. Elle était en effet souvent fabriquée avec le matériel trouvé sur le champ de bataille. Néanmoins elle était extrêmement dangereuse. Les personnes se trouvant dans son périmètre d’action prenaient de grands risques. Plus tard, bien que perfectionnée pour envoyer des charges plus lourdes, elle perdit toute utilité avec l’essor des canons. Devenue obsolète sur les terrains d’affrontements militaires elle a cependant traversé les siècles dans notre langage.

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À la Saint-Glinglin

à la Saint-Glinglin

D’où vient l’expression « à la Saint-Glinglin » ?

Ce qui doit avoir lieu « à la Saint Glinglin » n’arrive jamais. Il s’agit en effet d’un jour fictif auquel il est fait référence pour fixer à une date éloignée et indéterminée la réalisation d’un évènement.

Apparue à la fin du XIXème siècle, l’expression utilise le mot « Saint » par déformation de « seing » du latin « signum » qui désigne une signature. Mais en ancien français il désignait une cloche.

Quant à « Glinglin » deux hypothèses existent. Pour certains linguistes il s’agit du doublement de l’onomatopée « glin », le son produit par les cloches. Pour d’autres « Glinglin » viendrait du verbe « glinguer » signifiant « sonner ».

Donc dans les deux cas « à la Saint Glinglin » signifie « quand les cloches sonneront ». Le problème est que nul ne sait de quelles cloches il s’agit ! Et quand sonneront-elles ? Peut-être « quand les poules auront des dents » !

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Battre la campagne

battre la campagne

Quelle est l’origine de l’expression « battre la campagne » ?

Au sens figuré « battre la campagne » signifie divaguer, avoir l’esprit ailleurs ou encore déraisonner.

Mais l’expression a longtemps été utilisée au sens propre. Elle permet d’en comprendre l’origine. Dans le langage militaire ou de la chasse, « battre » un terrain consiste à se rendre sur les positions ennemies ou sur le territoire d’un animal, afin de se faire une meilleure idée des lieux. Pour cela il faut le plus souvent parcourir de longues distances, sans parcours précis prédéfini.

Ainsi l’expression renvoie à cette marche incertaine et sans contrainte, et l’applique à l’esprit. Celui qui « bat la campagne » laisse ses pensées vagabonder, sans but précis ni sans réfléchir logiquement.

Par ailleurs la référence à la campagne dans l’imaginaire collectif accroit le caractère libre des pensées, en tant que lieu où l’esprit peut plus facilement se libérer des tracasseries liées au travail.

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Arlésienne

Arlésienne

Pourquoi dit-on une « Arlésienne » ?

Une « Arlésienne » désigne toute personne ou chose que l’on attend et qui ne vient jamais.

Elle n’a rien à voir avec la logeuse de Vincent van Gogh dont il peignit le portrait en 1888. L’Arlésienne de l’expression est tout comme elle une habitante de la ville d’Arles mais n’a jamais existé. On la trouve dans une nouvelle d’Alphonse Daudet, L’Arlésienne, figurant dans le recueil de nouvelles, Lettres de mon moulin paru dans la seconde moitié du XIXème siècle.

Un opéra avec la musique de Georges Bizet fut tiré de cette nouvelle en 1872. L’histoire est celle d’un jeune homme qui désire épouser une jeune Arlésienne rencontrée une seule fois. Mais malheureusement celle-ci ne se présenta pas le jour des fiançailles et l’amoureux finit par se suicider.

Le personnage de l’Arlésienne n’apparait donc jamais sur scène et cette absence inspira l’expression qui nous occupe pour désigner quelqu’un, une chose ou un événement que l’on espère, dont on parle, mais que l’on ne voit jamais.

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Rouler une pelle

rouler une pelle

D’où vient l’expression « rouler une pelle » ?

« Rouler une pelle » consiste à embrasser son ou sa partenaire avec la langue.

La « pelle » de l’expression n’est pas celle utilisée dans les jardins. Elle vient du verbe « peloter » qui de nos jours signifie « caresser longuement ». Mais au XVIIème siècle, ce mot était employé par les joueurs du jeu de paume afin de désigner l’action de s’échauffer en s’envoyant des balles avant la partie.

L’idée est donc bien de s’échauffer grâce à des préliminaires, avant de rentrer dans l’action. « Peloter » donna « pelle » qui prit naturellement le sens de préliminaires amoureux.

Une autre hypothèse souligne que « rouler une pelle » vient de l’ancien verbe « patiner » devenu avec le temps « peloter ». Or « patiner » signifiait caresser longuement.

Enfin quant à la première partie de l’expression, le verbe « rouler », il s’explique tout simplement par le mouvement circulaire de la langue.

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Aller à vau-l’eau

aller à vau-l’eau

Quelle est l’origine de l’expression « aller à vau-l’eau » ?

« Aller à vau-l’eau » signifie péricliter, aller en se dégradant.

Au 12ème siècle, un « vau » est une vallée. « Aller à val » ou « à vau » exprimait l’idée de « descendre le long, en suivant la pente de ». Puis pendant quatre siècles on a eu recours à cette expression pour dire « suivre le fil de l’eau » au creux d’une vallée, de façon tout à fait concrète.

Ce n’est qu’ensuite que l’on se mit à l’utiliser de façon abstraite. L’expression prit alors le sens d’un projet humain qui marche mal et dont les perspectives sont très sombres. Mais on utilisait alors encore conjointement l’expression sœur « à val de route » pour exprimer l’idée plus définitive de déroute absolue. Puis avec le temps « à vau-l’eau » prit un sens plus large et se mit à englober cette dernière idée.

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Cœur d’artichaut

cœur d’artichaut

D’où vient l’expression un « cœur d’artichaut » ?

Celui qui a un « cœur d’artichaut » tombe souvent et facilement amoureux. Cette expression date de la fin du 19ème siècle. Elle est la forme raccourcie du proverbe : « cœur d’artichaut, une feuille pour tout le monde ».

Cette expression métaphorique fait une analogie entre le cœur humain et le cœur d’un végétal, l’artichaut. Le cœur du légume est la partie située au centre et à laquelle sont attachées toutes ses feuilles. On en mange le cœur directement et un peu de celui-ci indirectement, resté sur chacune de ses feuilles, que l’on détache une par une. Au fur et à mesure de sa dégustation le cœur de ce légume donne un peu de lui-même, exactement comme le coeur humain à chaque fois qu’il tombe sous le charme d’une nouvelle personne. Et comme un artichaut est composé de très nombreuses feuilles, celui qui y est comparé tombe très souvent amoureux.

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Avoir le béguin

avoir le béguin

Pourquoi dit-on « avoir le béguin » ?

« Avoir le béguin » pour quelqu’un consiste à en être amoureux, souvent de façon passagère.

Cette expression date du 18ème siècle. Mais pour en saisir l’origine il faut s’intéresser à la racine du mot « béguin » qui remonte au 12ème siècle. Un « béguin » était alors une coiffe portée par des femmes menant une vie religieuse sans être pour autant des nonnes, mais vivant tout de même leur foi en communauté et appelées les « béguines ». Elles se nommèrent ainsi car leur mouvement fut fondé en Belgique par Lambert le Bègue, dont on dit qu’il avait un grand talent pour faire naitre la foi chez les femmes.

Tiré du « béguin », le verbe « s’embéguiner » signifiait à l’origine « se coiffer d’un béguin ». Puis au 18ème siècle on l’utilisa en argot pour signifier au figuré « tomber amoureux » de façon rapide et un peu absurde, pour celle ou celui qui se laissait prendre soudainement par la passion.

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À cor et à cri

à cor et à cri

Pourquoi dit-on « à cor et à cri » ?

« A cor et à cri » signifie appeler à grand bruit et avec beaucoup d’insistance.

La phonétique est trompeuse car le « cor » dont il s’agit n’a rien à voir avec le « corps ».

Cette expression date du XVème siècle. On disait alors dans le langage de la chasse « à cry et à cor ». Le cor en question était l’instrument de musique de la famille des cuivres aujourd’hui utilisé le plus souvent dans les fanfares et musiques militaires. A l’époque l’expression désignait une pratique de chasse à courre; celle qui consistait à poursuivre le gibier, un cerf en général, en lui faisant peur grâce au bruit du cor et aux cris des chasseurs.

Cette traque bruyante et pressante donna naissance à l’expression qui dans le langage courant fut appliquée à toutes sortes de situations où un appel se fait de façon très appuyée.