Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Cordon bleu

cordon bleu

Pourquoi dit-on un « cordon bleu » ?

De nos jours être un « cordon bleu » signifie être un bon cuisinier. Mais cela n’a pas toujours été le cas.

Au 16ème siècle, pendant les guerres de religion, Henri III fonda l’ordre du Saint-Esprit. Premier ordre de la monarchie française son objectif était la défense de la foi catholique et de la personne royale.

Or ses membres, les chevaliers, portaient la croix de Malte accrochée à un ruban bleu. Abolie par la Révolution française elle fit place à la Légion d’honneur, instaurée en 1802 par Napoléon Bonaparte. Mais le symbole du cordon bleu resta. Il continua à représenter une distinction suprême et prestigieuse.

Le qualificatif « cordon bleu » signifie alors « le plus remarquable » sans qu’il ne fasse plus référence à un ordre particulier ou une distinction officielle. Dès 1832 il est utilisé pour désigner les cuisiniers de grand talent. Venant achever de consacrer l’expression dans le domaine culinaire Marthe Distel publia en 1895 l’ouvrage à succès « La Cuisinière cordon bleu », suivie de l’ouverture d’écoles du même nom.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Parler à la cantonade

parler à la cantonade

D’où vient l’expression « parler à la cantonade » ?

« Parler à la cantonade » n’a rien à voir avec le célèbre ancien joueur de football au tempérament sanguin.

Cette expression signifie parler sans s’adresser à une personne en particulier, sans attendre de réponse en retour.

Elle remonte au 17ème siècle et trouve son origine dans le monde du théâtre. Le mot « cantonade » y désigne alors les côtés de la scène puis les coulisses, c’est-à-dire un endroit où aucun spectateur ne se trouve.

Dès lors, lorsqu’un personnage, par un jeu scénique, s’adresse à un personnage invisible on dit qu’il s’exprime à la cantonade.

Le mot « cantonade » lui-même aurait pour origine « cantonada » qui en occitan était utilisé pour parler des angles d’une maison. C’est pourquoi on dit que les premiers à utiliser cette expression furent les troupes de cirque qui travaillaient dans le sud du pays.

Aujourd’hui l’expression n’est plus circonscrite aux représentations artistiques ni à la scène.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Jeter l’éponge

jeter l’éponge

Pourquoi dit-on « jeter l’éponge » ?

« Jeter l’éponge » consiste à abandonner la réalisation d’une tâche. Cette expression a une origine sportive.

On la doit à un geste que l’on vit pour la première fois sur les rings de boxe, en Angleterre, au XIXe siècle. C’est à cette époque que naissent les règles auxquelles se soumettent les pratiquants du noble art. Dans ce sport, entre deux rounds, les boxeurs s’assoient dans leur coin. Face à eux leur entraineur les rafraîchissent et nettoient leur visage avec une éponge. Si pendant le combat un poulain prend trop de coups, l’entraineur peut jeter cette ‘éponge’ sur le ring pour indiquer son désir de mettre fin à la rencontre.

On voit apparaitre cette expression à la fin du 19ème siècle en Angleterre puis très rapidement en France au début du 20ème, pour un usage d’abord limité à la boxe, puis étendu à d’autres domaines dans lesquelles aucune éponge n’est d’ailleurs utilisée !

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Victoire à la Pyrrhus

victoire à la Pyrrhus

Quelle est l’origine de l’expression une « victoire à la Pyrrhus » ?

Une « victoire à la Pyrrhus » est une victoire qui donne lieu à de lourdes pertes pour le vainqueur.

Cette expression fait référence aux dommages considérables subies par l’armée du roi Pyrrhus d’Épire face aux Romains pendant les batailles d’Héraclée et d’Ausculum au 3ème siècle avant Jésus Christ. Pyrrhus était en effet un dangereux adversaire du temps de la Rome antique. Malgré ses victoires lors de ces affrontements, les batailles décimaient ses troupes.

Les Romains tombés au combat étaient remplacés alors que cela était plus difficile dans l’armée de Pyrrhus. A tel point que le roi eut prononcé ces mots : « Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus». Les victoires n’étaient donc pas susceptibles de le réjouir. Elles avaient un goût amer.

Malgré son origine militaire, l’expression est utilisée dans de nombreux autres domaines comme la politique ou encore le sport.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Tout de go

tout de go

Pourquoi dit-on « tout de go » ?

L’expression « tout de go » signifie directement, sans préambule ni précaution. Elle est née au 17ème siècle.

«Go » n’a rien à voir avec le jeu de plateforme d’origine chinoise. Pas d’avantage avec le verbe anglais « aller ». Cette locution est en revanche en lien direct avec l’expression ancienne « avaler tout de gob » dont elle est la formule simplifiée. Le terme « gob », qui a donné le verbe « «gober », est cette technique d’ingestion des aliments. Or l’acte de gober est réalisé rapidement. Gober consiste donc précisément à s’alimenter de façon hâtive.

Il est donc logique que l’action réalisée tout de go le soit aussitôt, en un instant.

Au sens figuré le verbe « gober » prit naturellement le sens de « croire facilement sans réfléchir ». Celui qui gobe tout ce qu’on lui dit ne prend pas le temps de réfléchir et agit avec les informations comme avec un œuf !

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Faire du gringue

faire du gringue

Pourquoi dit-on « faire du gringue » ?



« Faire du gringue » consiste à draguer quelqu’un, chercher à le séduire. Si la drague était un filet de pêche, le terme « gringue » a lui désigné au 19ème siècle du pain.



Sa signification liée à la séduction viendrait, bien qu’il s’agisse d’une hypothèse, d’une transposition d’une autre expression, « faire des petits pains » dont le sens est « chercher à séduire », « faire la cour ».

Le langage français emprunte en effet très souvent au vocabulaire gastronomique pour exprimer l’idée de séduction ou de rapports amoureux, comme dans l’expression « dévorer du regard ». Ainsi on trouve « faire du gringue » dès 1905 dans L’argot au XXème siècle: Dictionnaire français-argot d’Artistide Bruant et Léon de Bercy.

Ne confondons pas celui qui « fait du gringue » de tel autre qui « fait la bringue ». Même s’il faut en convenir, les deux activités sont loin d’être incompatibles !

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

En catimini

en catimini

Quelle est l’origine de l’expression « en catimini » ?

Cette expression qui date du 13ème siècle signifie « « en secret », « en cachette ». Il existe deux hypothèses quant à son origine.

Selon la première, le mot « catimini » viendrait du grec « kataménia » en rapport avec les menstruations féminines. La discrétion et l’indisponibilité sexuelles des femmes durant cette période expliqueraient le sens donné à l’expression. Mais pour certains le lien entre les deux est tiré par les cheveux.

Selon une seconde hypothèse, « catimini » proviendrait du langage picard. Il serait une allusion au comportement silencieux et hypocrite d’un animal. En effet en picard le mot « cate » désignait le chat quand « mine » était également un terme en rapport avec ce même animal. Le mot « chattemite » aurait été d’abord utilisé dès la fin du 13ème siècle, afin de qualifier des manières hypocrites. Il serait ensuite devenu progressivement « catimini ».

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Jeter le bébé avec l’eau du bain

jeter le bébé avec l’eau du bain

Quelle est l’origine de l’expression « jeter le bébé avec l’eau du bain » ?





En jetant « le bébé avec l’eau du bain » on se débarrasse d’une entité dans sa totalité, malgré les éléments positifs qu’elle peut présenter. Ainsi on peut reprocher à des députés d’avoir jeté le bébé avec l’eau du bain pour n’avoir pas voté une loi alors qu’elle comprenait des dispositions qui auraient dû être retenues. 


En France l’expression apparait au 20ème siècle comme la traduction de la même expression en langue anglaise elle-même importée d’Allemagne et dont on trouve la trace dans ce dernier pays dès 1512. Cette métaphore s’explique par les habitudes de l’époque en termes d’hygiène. Les eaux d’un bain servaient alors à toute la famille. Utilisée en dernier pour laver les bébés, l’eau était souillée et on peut imaginer aisément la crainte des parents de voir leur nouveau-né jeté en même temps qu’on la vidait.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

N’y voir que du feu

n’y voir que du feu

Pourquoi dit-on « n’y voir que du feu » ?



« N’y voir que du feu » signifie être berné, ne s’apercevoir de rien. Il existe deux théories quant à l’origine de cette expression.



La première est en lien avec l’éblouissement. On aurait commencé à « n’y voir que du feu » au XVIIIe siècle en référence à l’aveuglement temporaire provoqué par un coup sur la tête. Le « feu » serait ici une métaphore de la forte lumière qui envahit notre vision à cette occasion et qui par conséquent empêche de voir la réalité au propre comme au figuré.



Selon la seconde hypothèse, l’expression daterait du 14ème siècle. A cette époque le juge pouvait décider que le bourreau allait étrangler le condamné à mort avant qu’il ne soit brûlé sur un bûcher. Une mesure prise par charité dans un secret absolu. Ensuite la fumée du bûcher au moment où le corps y était placé ne permettait pas au public de savoir si le condamné était déjà mort ou s’il allait être brûlé vif. Ils n’y voyaient que du feu.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Un coup de Jarnac

Un coup de Jarnac

Quelle est l’origine de l’expression « un coup de Jarnac » ?

Un « coup de Jarnac » est un coup porté de façon inattendue. L’expression revêt une connotation négative avec un sentiment de déloyauté.

Il s’agit d’une référence directe à un duel resté célèbre. Le 10 juillet 1547 une affaire d’honneur conjugal opposa en duel le seigneur de Jarnac, Guy Chabot de Saint-Gelais au futur roi Henri II, successeur de François Ier. Le sire de la Chastaigneraie, François de Vivonne, désigné pour représenter le roi est le grand favori. La Cour du roi assiste au duel au Château de Saint Germain-en-Laye.

Contre toute attente, grâce à une botte secrète, un coup très habile effectué avec le revers de son épée, le seigneur de Jarnac remporta le duel, provoquant la mort de son adversaire. Cette botte pourtant inhabituelle fut estimée loyale. En conséquence le Roi reconnut la victoire. Pourtant à partir du 18ème siècle le coup de Jarnac devient celui donné par traitrise.