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Tête de linotte

tête de linotte

D’où vient l’expression « tête de linotte » ?

Une « tête de linotte » est une personne très étourdie, dotée de peu de mémoire. L’expression comprend la formule « tête de » qui dans la plupart des cas est péjorative.

En ornithologie, la « linotte » désigne un petit oiseau gris avec sur la tête et la gorge du rouge carmin. Par le passé la forme masculine « le linot » se rencontrait, mais aujourd’hui elle est désuète et le féminin l’a définitivement emporté.

La linotte présente la particularité anatomique d’être très petite. Notamment sa tête, et donc son cerveau, sont minuscules. De plus son caractère est depuis toujours réputé être léger et inconstant.

Dire de quelqu’un qu’il est une « tête de linotte » revient donc à comparer sa mémoire et son comportement à celui d’un adorable mais très étourdi petit passereau, dont on dit qu’il est peu futé tant il construit ses nids à portée des prédateurs.

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Rater le coche

rater le coche

Quelle est l’origine de l’expression « rater le coche » ?

Celui qui « rate le coche » manque une bonne occasion.

Au XVIème siècle un « coche » désignait deux moyens de transports distincts. Il pouvait tout d’abord s’agir d’un véhicule attelé de type hippomobile servant au transport en commun de personnes. Mais ce même mot était également utilisé pour les transports fluviaux, très prisés à l’époque.

Pour monter à bord de ces coches d’eau il fallait se positionner à des arrêts prédéfinis, aux heures précises de passage. Si on arrivait en retard, on perdait toute chance de monter à bord. « Rater le coche » consistait donc à l’époque à ne pas pouvoir utiliser ce moyen de transport pour se déplacer ; exactement comme on peut manquer de nos jours un avion ou un train.

Si les coches ont disparu de nos villes, l’expression a traversé les siècles comme une trace du temps où l’eau remplaçait le bitume sur certains trajets.

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Vaches maigres

vaches maigres

Pourquoi dit-on une période de « vaches maigres » ?

Une période de « vaches maigres » est un épisode de pauvreté, de privations, dans l’espoir de jours meilleurs.

On trouve cette expression dans la Bible, plus exactement dans l’Ancien testament. Dans un rêve Pharaon vit des vaches sortant du Nil, le fleuve sacré des Egyptiens. Sept vaches grasses suivies de sept autres maigres. Joseph, représentant la sagesse divine, va alors interpréter cette vision. Selon lui la signification est claire : deux périodes successives se présentent. Une première période de sept années de prospérité, suivie de sept années de disette.

Joseph fut alors nommé par le roi afin de préparer le pays aux années de disette qui l’attendaient. Il fit ainsi remplir les greniers et prélever le cinquième des bonnes récoltes en prévision de futures moissons moins satisfaisantes.

Ces vaches sont restées dans le langage courant comme le symbole de temps difficiles.

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Rouler une pelle

rouler une pelle

D’où vient l’expression « rouler une pelle » ?

« Rouler une pelle » consiste à embrasser son ou sa partenaire avec la langue.

La « pelle » de l’expression n’est pas celle utilisée dans les jardins. Elle vient du verbe « peloter » qui de nos jours signifie « caresser longuement ». Mais au XVIIème siècle, ce mot était employé par les joueurs du jeu de paume afin de désigner l’action de s’échauffer en s’envoyant des balles avant la partie.

L’idée est donc bien de s’échauffer grâce à des préliminaires, avant de rentrer dans l’action. « Peloter » donna « pelle » qui prit naturellement le sens de préliminaires amoureux.

Une autre hypothèse souligne que « rouler une pelle » vient de l’ancien verbe « patiner » devenu avec le temps « peloter ». Or « patiner » signifiait caresser longuement.

Enfin quant à la première partie de l’expression, le verbe « rouler », il s’explique tout simplement par le mouvement circulaire de la langue.

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Aller à vau-l’eau

aller à vau-l’eau

Quelle est l’origine de l’expression « aller à vau-l’eau » ?

« Aller à vau-l’eau » signifie péricliter, aller en se dégradant.

Au 12ème siècle, un « vau » est une vallée. « Aller à val » ou « à vau » exprimait l’idée de « descendre le long, en suivant la pente de ». Puis pendant quatre siècles on a eu recours à cette expression pour dire « suivre le fil de l’eau » au creux d’une vallée, de façon tout à fait concrète.

Ce n’est qu’ensuite que l’on se mit à l’utiliser de façon abstraite. L’expression prit alors le sens d’un projet humain qui marche mal et dont les perspectives sont très sombres. Mais on utilisait alors encore conjointement l’expression sœur « à val de route » pour exprimer l’idée plus définitive de déroute absolue. Puis avec le temps « à vau-l’eau » prit un sens plus large et se mit à englober cette dernière idée.

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Cœur d’artichaut

cœur d’artichaut

D’où vient l’expression un « cœur d’artichaut » ?

Celui qui a un « cœur d’artichaut » tombe souvent et facilement amoureux. Cette expression date de la fin du 19ème siècle. Elle est la forme raccourcie du proverbe : « cœur d’artichaut, une feuille pour tout le monde ».

Cette expression métaphorique fait une analogie entre le cœur humain et le cœur d’un végétal, l’artichaut. Le cœur du légume est la partie située au centre et à laquelle sont attachées toutes ses feuilles. On en mange le cœur directement et un peu de celui-ci indirectement, resté sur chacune de ses feuilles, que l’on détache une par une. Au fur et à mesure de sa dégustation le cœur de ce légume donne un peu de lui-même, exactement comme le coeur humain à chaque fois qu’il tombe sous le charme d’une nouvelle personne. Et comme un artichaut est composé de très nombreuses feuilles, celui qui y est comparé tombe très souvent amoureux.

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Avoir le béguin

avoir le béguin

Pourquoi dit-on « avoir le béguin » ?

« Avoir le béguin » pour quelqu’un consiste à en être amoureux, souvent de façon passagère.

Cette expression date du 18ème siècle. Mais pour en saisir l’origine il faut s’intéresser à la racine du mot « béguin » qui remonte au 12ème siècle. Un « béguin » était alors une coiffe portée par des femmes menant une vie religieuse sans être pour autant des nonnes, mais vivant tout de même leur foi en communauté et appelées les « béguines ». Elles se nommèrent ainsi car leur mouvement fut fondé en Belgique par Lambert le Bègue, dont on dit qu’il avait un grand talent pour faire naitre la foi chez les femmes.

Tiré du « béguin », le verbe « s’embéguiner » signifiait à l’origine « se coiffer d’un béguin ». Puis au 18ème siècle on l’utilisa en argot pour signifier au figuré « tomber amoureux » de façon rapide et un peu absurde, pour celle ou celui qui se laissait prendre soudainement par la passion.

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À cor et à cri

à cor et à cri

Pourquoi dit-on « à cor et à cri » ?

« A cor et à cri » signifie appeler à grand bruit et avec beaucoup d’insistance.

La phonétique est trompeuse car le « cor » dont il s’agit n’a rien à voir avec le « corps ».

Cette expression date du XVème siècle. On disait alors dans le langage de la chasse « à cry et à cor ». Le cor en question était l’instrument de musique de la famille des cuivres aujourd’hui utilisé le plus souvent dans les fanfares et musiques militaires. A l’époque l’expression désignait une pratique de chasse à courre; celle qui consistait à poursuivre le gibier, un cerf en général, en lui faisant peur grâce au bruit du cor et aux cris des chasseurs.

Cette traque bruyante et pressante donna naissance à l’expression qui dans le langage courant fut appliquée à toutes sortes de situations où un appel se fait de façon très appuyée.

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Être le benjamin

être le benjamin

Pourquoi dit-on « être le benjamin » ?

La personne la plus jeune au sein d’un groupe est appelée le « benjamin ». Cela est vrai au sein d’une famille dans une fratrie, mais pas uniquement. On peut ainsi être le benjamin dans un groupe de retraités dès lors que l’on est le moins vieux !

Si cette expression est apparue au XVIIIe siècle, son origine remonte à des temps bien plus anciens. Dans la Genèse, au chapitre 37, on peut lire que Jacob a eu treize enfants, avec quatre femmes différentes. Or comme père, il avait une affection particulière pour le dernier né, qui se prénommait Benjamin.

Benjamin était donc à la fois le plus jeune des fils de Jacob et son préféré.

Par la suite Benjamin dirigea l’une des douze tribus d’Israël, et ce prénom fut utilisé pour désigner l’enfant le plus jeune d’une famille, puis plus largement de tout groupe d’individus.

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Au ras des pâquerettes

au ras des pâquerettes

Quelle est l’origine de l’expression « au ras des pâquerettes » ?

« Au ras des pâquerettes » signifie d’un niveau très bas. On utilise le plus souvent cette expression au sens figuré pour souligner le caractère désolant, médiocre voire minable d’une discussion ou d’une situation.

Dans la langue française la hauteur est traditionnellement la marque des idées ou des choses considérées comme ayant de l’intérêt, en raison de leur caractère élaboré ou marqué du sceau de l’intelligence. A l’inverse la petitesse sert à qualifier ce qui est sans intérêt ou désolant comme dans les expressions « ça ne vole pas haut » ou « terre à terre ».

Or la pâquerette est une toute petite fleur des champs. Se situer à son niveau, tout près du sol, signifie métaphoriquement, avoir peu de qualités. Ainsi au 18ème siècle on trouve déjà l’expression « à ras de terre avec les pâquerettes ». Puis progressivement seule la référence aux pâquerettes fut conservée.