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Manger les pissenlits par la racine

Manger les pissenlits

Pourquoi dit-on « manger les pissenlits par la racine » ?

Ceux qui « mangent les pissenlits par la racine » sont morts et enterrés.

Née au milieu du XIXe siècle, l’expression cite expressément les pissenlits car cette plante a la particularité de pousser rapidement et naturellement notamment dans la terre fraichement labourée ou retournée. On trouvait donc souvent des pissenlits à l’endroit où la terre avait été creusée pour enterrer quelqu’un.

Rapidement on se mit à considérer qu’il devait s’agir de la nourriture des personnes décédées puisqu’elles poussaient sur leurs tombes.

Mais pourquoi « « par la racine » ? Tout simplement parce qu’il s’agit de la partie de la plante à laquelle les morts, de par leur position sous terre, ont accès en premier. Ils sont plus proches des racines que des feuilles. Ils mangent donc les pissenlits par la racine.

Victor Hugo utilisa le premier cette expression dans les Misérables : «être mort, cela s’appelle manger des pissenlits par la racine […] ».

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Le pot de terre contre le pot de fer

Pot de terre pot de fer

Quelle est l’origine de l’expression « le pot de terre contre le pot de fer » ?

L’expression figurée « pot de terre contre pot de fer » permet de caractériser les affrontements qui mettent en présence des parties de forces inégales et dont l’issue en faveur du plus fort semble inévitable. L’homme sans appui ni soutien a ainsi toutes les chances d’être vaincu par son adversaire plus puissant.

L’expression fut popularisée par la fable qui en porte le nom dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668. Dans cette fable dont la morale est qu’il ne faut s’associer qu’avec nos égaux, le pot de terre est réduit en morceau car il s’est laissé convaincre par le pot de fer, lequel l’entraina dans une aventure que seul celui-ci pouvait supporter.

Pour cette raison le proverbe nous pousse à nous associer uniquement avec les personnes qui nous ressemblent et qui sont de force égale. Sinon elles risquent de nous causer trop de dommage.

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Toucher le pactole

Toucher le pactole

Pourquoi dit-on « toucher le pactole » ?

Utilisée pour signifier gagner beaucoup d’argent cette expression trouve son origine dans la mythologie.

Le roi Midas, personnage à moitié légendaire, roi de Phyrgie ayant régné de l’an 715 à 676 avant JC, reçut de Dionysos le don de voir tout ce qu’il touchait se transformer en or.
Mais cette faculté si fabuleuse à première vue s’avéra être un véritable cadeau empoisonné. En effet Midas ne pouvait plus toucher ni sa nourriture ni ses enfants, sous peine de les voir eux aussi devenir or. Il implora donc Dionysos de le délivrer de ce don. Ce dernier lui indiqua qu’il devait se rouler dans le fleuve Paktolos, devenu par la suite Pactole. Ce dernier hérita de la faculté de tout transformer en or et ses eaux se mirent à rouler des sables aurifères.

Et c’est ainsi que ce fleuve fit plus tard la fortune du roi de la région dans laquelle il coulait. Un roi nommé… Crésus.

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Le clou du spectacle

le clou du spectacle

D’où vient l’expression le « clou du spectacle » ?

«Le clou du spectacle» est la partie la plus extraordinaire et étonnante d’un évènement, le plus souvent situé à la fin d’une représentation théâtrale ou de tout autre spectacle donné en présence d’un public.

Aussi incongru que cela puisse paraitre on doit cette expression à la comparaison au 19ème siècle avec un vrai clou. Le spectateur serait ainsi saisi par un moment précis dans un spectacle comme un objet peut l’être à un mur lorsqu’on enfonce un clou. Son attention est « fixée ». Il est « cloué ».

De la manière une fois l’objet cloué au mur il attire l’intérêt de tous. L’origine de l’expression peut donc venir des deux effets engendrés par l’objet ainsi cloué.

Alphonse Daudet l’’utilise pour la première fois dans Trente ans de Paris « Si nous mettions votre tambourinaire dans la pièce? Il manque un clou ça pourrait peut-être servir à accrocher le succès ».

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Verser des larmes de crocodile

Verser des larmes de crocodile

Pourquoi dit-on « verser des larmes de crocodile » ?

Si quelqu’un simule la tristesse on dit qu’il verse des «larmes de crocodile». Il pleure au sens propre ou au sens figuré de manière hypocrite afin d’émouvoir et d’obtenir quelque chose d’un tiers.

Cette expression ne fait pas référence aux larmes que le crocodile verserait en mangeant ses proies. Cette caractéristique physiologique n’est d’ailleurs exacte que pour les alligators américains.

Cette expression existe en réalité depuis le 15ème siècle et trouve sa source bien antérieurement, dans une légende l’Egypte antique. Selon celle-ci les crocodiles du Nil pleuraient pour provoquer la compassion et l’intérêt de leurs proies. Elles se rapprochaient alors et le piège se refermait sur elles.

Cette technique se rapproche grandement de celle du mythe des sirènes qui donna l’expression « céder aux chat des sirènes ». Les sirènes aux chants envoûtants étaient réputées irrésistibles.

Les Romains ont repris cette légende antique permettant ainsi sa transmission en Europe jusqu’à nos jours.

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Rouler sa bosse

Rouler sa bosse

Pourquoi dit-on « rouler sa bosse » ?

On peut dire de ceux qui ont beaucoup voyagé, baroudé, vécu une existence aventureuse et vu un grand nombre de choses, qu’ils ont « roulé leur bosse ».


On trouve la première trace de cette expression au 19eme siècle, dans le monde maritime.

Il s’agit d’une référence à une technique particulière utilisée pour enrouler puis ranger les cordages présents sur les bateaux. Il fallait en effet les enrouler d’une certaine façon et réaliser ce geste un grand nombre de fois par jour, que ce soit en mer ou au port. Les marins avaient donc pour habitude de rouler les cordages pour en faire une boule, c’est-à-dire in fine une bosse. Et ils roulaient leur bosse dans tous les ports du monde.

De plus il faut noter qu’une « bosse » est une corde à nœuds. L’utilisation du terme « bosse » a donc deux origines possibles.

Progressivement l’expression s’est mise à désigner tout individu possédant une grande expérience dans un domaine déterminé.

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Un tire-au-flanc

Un tire au flan

Pourquoi dit-on « un tire-au-flanc » ?

On peut dire d’une personne fainéante qu’elle est un «tire-au-flanc». Elle cherche continuellement à échapper à l’effort et au travail.

Cette expression trouve son origine au milieu du 19ème siècle dans l’armée. Lors des affrontements sur le champ de bataille les combats les plus violents et mortels avaient toujours lieu à l’avant des troupes, en première ligne.

Par contraste il y avait moins de dégâts sur les côtés. Ces zones d’affrontements ne subissaient presque jamais d’attaques directes. Il y avait donc moins de morts qu’à l’avant.

Aussi les soldats fuyant les premières lignes du front pour se réfugier dans ces zones de combat moins dangereuses « tiraient au flanc » au sens propre.

Progressivement c’est par cette expression que les autres combattants se mirent à nommer ceux qui adoptèrent un comportement dénué d’héroisme.

Par la suite l’expression a gardé une connotation moqueuse tout en trouvant à s’appliquer à tous les domaines de la vie, notamment le travail et les corvées.

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Treize à la douzaine

Treize à la douzaine

D’où vient l’expression «treize à la douzaine» ?

L’expression « treize à la douzaine » signifie en grand nombre. Elle est utilisée de nos jours souvent péjorativement dans le cas d’une trop grande quantité. Deux explications ont cours.

Selon la première, l’expression aurait une origine médiévale. Au 13ème siècle en Angleterre, pour lutter contre la fraude le roi Henri III décida que les boulangers auraient pour obligation d’ajouter un article supplémentaire pour toute douzaine vendue. L’objectif de cette loi nommée «The Baker’s Dozen » était de compenser une tromperie souvent pratiquée par les boulangers qui consistait à réduire la taille des pains sans en changer le prix ni en informer l’acheteur. Une pratique qu’il faut espérer révolue.

La seconde explication est beaucoup plus optimiste sur la nature humaine y compris marchande. L’expression daterait du milieu du 18ème siècle, une époque à laquelle les commerçants offraient souvent un treizième produit pour tout achat de douze.

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Un bouc émissaire

Bouc émissaire

Pourquoi dit-on un «bouc émissaire» ?

Un bouc émissaire est une personne à qui on attribue injustement la responsabilité d’une faute.

Les origines de cette expression sont religieuses.

Durant Yom Kippour, le jour du pardon chez les juifs, le grand prêtre d’Israël devait tirer au sort un bouc pour permettre à la population d’évacuer ses péchés. L’animal était alors envoyé dans le désert d’Azazel, portant symboliquement le fardeau de toutes les mauvaises actions.

Le nom de ce bouc en latin donna « caper emissarius » ou « le bouc envoyé ».

Dès lors celui qui porte la responsabilité pour les autres alors qu’il n’a rien fait subi le même sort que cet animal.

Georges Clemenceau dira dans le cadre de l’affaire Dreyfus : « Tel est le rôle historique de l’affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés. ».

On trouve cette expression dès le dictionnaire de Furetière au XVIIe siècle.

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Passer au crible

Passer au crible

D’où vient l’expression « passer au crible » ?

« Passer au crible » consiste à examiner avec soin pour distinguer le vrai du faux, analyser quelque chose en détail.

On trouve la première trace de cette expression dans la Bible. Lors de la Cène, dans le chapitre 22 de l’Evangile de Luc, Jésus utilise l’image du crible, c’est-à-dire un instrument de travail des paysans; une sorte de tamis permettant de trier la terre, la farine ou le blé. Le crible sert notamment à conserver à séparer les grains à conserver de tous les parasites et résidus comme la paille. Cette métaphore est utilisée pour rendre accessible la notion de bien et de mal.

Ainsi Jésus indique à Pierre, un des apôtres, que Satan allait «les passer au crible comme le froment». Il allait donc les examiner en détail avant de les soumettre à la tentation. Cette épreuve déterminerait quel type de grain est Pierre.

L’expression est progressivement sortie du seul domaine religieux pour gagner le langage courant.