Catégories
AANL Autres Expressions NL04

C’est coton

c’est coton

Pourquoi dit-on « c’est coton » ?

On peut dire d’une situation qu’elle est « coton » pour indiquer à quel point elle est difficile, pénible.

Dans l’argot du XIXe siècle le mot « coton » signifie « difficile ». Pour comprendre pourquoi cette fibre végétale a acquis cette signification, il faut rappeler le caractère extrêmement fastidieux de sa production, notamment si l’on voulait fabriquer du coton de bonne qualité. Il fallait dans ce cas que les ouvriers soient particulièrement attentifs à leurs gestes afin de tisser sans irrégularité ni imperfection. Application à laquelle s’ajoutait des risques en terme de santé pour ceux qui travaillaient dans les locaux de filature ou de tissage dont l’air pouvait être saturé de poussières.

Au départ cantonné au domaine industriel, l’expression « c’est coton » s’en est émancipé au cours du XIXème siècle pour s’appliquer au sens figuré à toute activité contraignante ou déplaisante.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Sur le carreau

sur le carreau

Quelle est l’origine de l’expression « sur le carreau » ?

Rester ou être « sur le carreau » consiste à être dans une situation difficile, laissé de côté voire vaincu.

Plusieurs hypothèses existent quant à l’origine de cette expression, dont celle évoquant le « carreau » de la mine. Il s’agit de l’endroit d’où les mineurs étaient appelés pour descendre travailler sous terre. Ceux qui ne l’étaient pas ne rejoignaient pas le groupe. Mais chronologiquement cette explication ne tient pas. En effet une forme ancienne de « sur le carreau » apparait dès le 15ème siècle.

En revanche au 12ème siècle on se met à désigner par le terme « carreaux » les pavés de terre cuite utilisés pour les sols et sur lesquels gisaient les personnes décédées.

On dit enfin que le carreau serait celui du jeu de paume. Durant une partie, lorsqu’un des joueurs tombait pour parvenir à taper la balle, il perdait le point. Il restait donc sur le carreau !

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Être un pigeon

Un pigeon

D’où vient l’expression « être un pigeon » ?

Celui qui est ou passe pour un pigeon, s’est fait duper. Pourquoi donc cette métaphore animale fait du pigeon une victime dès le 15ème siècle ?

A l’origine le mot « dupe » est une déformation de la « huppe », un oiseau fort apprécié par les classes aisées de l’époque et possédant une crête imposante. Lui ôter sa huppe, le « dé-hupper » donc, consistait à le plumer, rapidement devenue « duper ». Appliquée aux hommes, celui qui s’est fait plumer à bien été victime d’une malhonnêteté, d’un mauvais tour.

Mais le pigeon étant moins rare que la huppe, il a vite servi à désigner le « dupe », celui qui s’est fait avoir et qui en conséquence est parfois la cible de moqueries.

A noter par ailleurs qu’au Moyen Âge les pigeonniers étaient signes de richesse. Certains pouvaient tromper sur le nombre de volatiles en leur possession pour tromper autrui sur leur fortune personnelle.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Joindre les deux bouts

joindre les deux bouts

Quelle est l’origine de l’expression « joindre les deux bouts » ?

Avoir des difficultés à joindre les deux bouts signifie avoir des fins de mois difficiles, se trouver dans une situation financière problématique.

Cette expression trouverait son origine dans une mode vestimentaire datant du XVIème siècle, la collerette. A cette époque la tendance des cols montants à dentelle pour les femmes gagne les hommes. Au milieu du siècle la collerette devient un accessoire distinct de la chemise et prend le nom de « fraise ». Elle devient rapidement un signe de réussite sociale et financière.

Aussi certains nobles peu fortunés se faisaient confectionnés des fraises démesurément grandes pour laisser croire à une immense richesse. Mais en conséquence cela élargissait considérablement la taille de leur tour de cou une fois habillé. Aussi durant les repas, leur serviette, dont il n’avait pas ajusté la taille proportionnellement à celle de la collerette, se trouvait être trop petite pour être nouée. Ils avaient donc au sens propre du mal à «joindre les deux bouts».

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

De derrière les fagots

de derrière les fagots

Pourquoi dit-on « de derrière les fagots » ?

On dit que quelque chose sort de « derrière les fagots » pour souligner son caractère surprenant ou précieux. Cette expression est apparue au XVIIIème siècle au sujet du vin.

Les bouteilles des meilleurs crus étaient alors conservées derrière des fagots de bois afin de les protéger de la convoitise d’éventuels visiteurs, mais aussi pour maintenir les conditions optimales de leur conservation y compris durant les rudes mois d’hiver. Ces fagots servaient par ailleurs à faire démarrer les feux dans les cheminées.

Quant aux bouteilles elles étaient réservées aux grandes occasions ; idée d’excellence et de rareté que l’expression évoque parfaitement encore de nos jours. Mais progressivement le sens de cette expression s’est élargi et diversifié au point de ne plus être strictement limité au domaine viticole. Elle permet aujourd’hui de mettre en évidence la préciosité de toutes choses.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Froid de canard

froid de canard

D’où vient l’expression un « froid de canard » ?

Un « froid de canard » désigne des températures très basses, un rude climat. On peut ainsi aimer faire du ski mais en apprécier la pratique à la condition qu’il ne fasse pas un « froid de canard ».

Cette expression qui peut sembler péjorative envers le palmipède, est en réalité une référence à la période de sa chasse. Celle-ci se pratique en effet en automne et en hiver. Le chasseur doit alors maudire sa proie qui l’oblige à rester ainsi immobile, à l’affût, dans un froid terrible à proximité de lacs gelés, étendues d’eau qui sont l’habitat traditionnel de ces animaux.

S’il existe nombre d’expressions pour souligner un froid intense, parmi lesquelles un « froid de gueux » ou un « froid de tous les diables », certaines langues étrangères utilisent aussi la métaphore animalière. Mais il n’y est pas toujours fait référence au canard. Par exemple au Brésil on dit un « un froid de chien » !

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Il n’y a pas le feu au lac

il n’y a pas le feu au lac

Pourquoi dit-on « il n’y a pas le feu au lac » ?

L’expression « il n’y a pas le feu au lac » s’utilise pour signifier que rien ne presse, qu’il n’y a pas lieu de se dépêcher.

Elle connut à l’origine, au milieu du 20ème siècle, une formulation plus courte. On disait à l’époque « il n’y a pas le feu ». Cette expression restreinte est d’ailleurs utilisée encore de nos jours. Elle est aisément compréhensible. S’il n’y a pas le feu rien n’oblige à se presser puisqu’aucun incendie ne doit être éteint. On peut donc prendre son temps.

Plus tard, l’extension « au lac » fut accolée à l’expression d’origine en référence au lac Léman, pour railler la lenteur légendaire du peuple suisse. Ce lac est en effet un des symboles du pays et l’absurdité de mentionner la possibilité qu’une étendue d’eau soit en feu participe grandement au caractère sarcastique de la référence à la Suisse.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Être connu comme le loup blanc

être connu comme le loup blanc

Quelle est l’origine de l’expression « être connu comme le loup blanc » ?

La formule « être connu comme le loup blanc » signifie être très connu ou populaire.

Pendant des siècles le loup a terrorisé les populations, en raison du danger qu’il faisait courir aux hommes mais aussi à leurs bêtes. Aussi dès qu’un loup s’approchait d’un village les habitants en étaient vite informés et faisaient circuler la nouvelle de sorte que l’animal devenait très connu !

Si de nombreuses expressions ont fait référence au loup dès le 13ème siècle, comme par exemple « regarder comme le loup blanc », Le Dictionnaire de Trévoux au 18ème siècle fait référence à la formule « connu comme le loup » évoquant pour la première fois l’idée de célébrité.

Au siècle suivant son pelage prit une couleur blanche sans que l’on sache pourquoi. Cependant il est indéniable que cette teinte accroît le caractère mystérieux et inquiétant de l’animal et par voie de conséquence sa renommée.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Frais comme un gardon

frais comme un gardon

Pourquoi dit-on « frais comme un gardon » ?

Celui qui est « frais comme un gardon » est en pleine forme. Cette métaphore date du XVIIème siècle. A une époque où ni le réfrigérateur ni le congélateur n’était encore disponible il fallait consommer les aliments peu de temps après les avoir achetés, chassés ou pêchés. Justement nous devons notre expression au domaine de la pêche.

Un poisson était particulièrement apprécié, le gardon. En effet par ces temps où les périodes de disette étaient assez fréquentes, il avait la particularité de pouvoir être conservé bien plus longtemps que les autres poissons. Il fallait le sécher certes mais ensuite il pouvait être conservé sur de longues périodes. Il restait donc « frais », c’est-à-dire comestible.

Ainsi en raison de sa conservation bien supérieure à la moyenne, il devint sur les marchés une référence pour vanter la fraicheur d’un produit.

L’expression s’appliqua ensuite progressivement aux individus dont on voulait souligner l’état de forme physique.

Catégories
AANL Autres Expressions NL04

Sous la houlette

sous la houlette

Pourquoi dit-on « sous la houlette » de quelqu’un ?

On peut dire de quelqu’un qui se trouve sous le commandement, la protection ou la conduite d’une autre personne, qu’elle est « sous sa houlette ». Ainsi par exemple des adolescents qui souhaitent devenir sportifs professionnels peuvent être placés pour la durée d’un stage « sous la houlette » d’un entraineur célèbre et respecté.

Cette expression est une métaphore pastorale datant du XIIIème siècle. La « houlette » est en effet un bâton de berger particulier utilisé depuis cette époque. Sa forme recourbée en son extrémité forme un crochet, un peu à la façon de la crosse des évêques. Grâce à cet appendice on peut attraper facilement les animaux par leurs pattes.

De plus à son extrémité se trouve une plaque métallique incurvée, qui permet aux bergers de saisir et de projeter des cailloux ou des mottes de terre sur les animaux, brebis, vaches ou moutons, qui sortiraient du troupeau.