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Victoire à la Pyrrhus

victoire à la Pyrrhus

Quelle est l’origine de l’expression une « victoire à la Pyrrhus » ?

Une « victoire à la Pyrrhus » est une victoire qui donne lieu à de lourdes pertes pour le vainqueur.

Cette expression fait référence aux dommages considérables subies par l’armée du roi Pyrrhus d’Épire face aux Romains pendant les batailles d’Héraclée et d’Ausculum au 3ème siècle avant Jésus Christ. Pyrrhus était en effet un dangereux adversaire du temps de la Rome antique. Malgré ses victoires lors de ces affrontements, les batailles décimaient ses troupes.

Les Romains tombés au combat étaient remplacés alors que cela était plus difficile dans l’armée de Pyrrhus. A tel point que le roi eut prononcé ces mots : « Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus». Les victoires n’étaient donc pas susceptibles de le réjouir. Elles avaient un goût amer.

Malgré son origine militaire, l’expression est utilisée dans de nombreux autres domaines comme la politique ou encore le sport.

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Tout de go

tout de go

Pourquoi dit-on « tout de go » ?

L’expression « tout de go » signifie directement, sans préambule ni précaution. Elle est née au 17ème siècle.

«Go » n’a rien à voir avec le jeu de plateforme d’origine chinoise. Pas d’avantage avec le verbe anglais « aller ». Cette locution est en revanche en lien direct avec l’expression ancienne « avaler tout de gob » dont elle est la formule simplifiée. Le terme « gob », qui a donné le verbe « «gober », est cette technique d’ingestion des aliments. Or l’acte de gober est réalisé rapidement. Gober consiste donc précisément à s’alimenter de façon hâtive.

Il est donc logique que l’action réalisée tout de go le soit aussitôt, en un instant.

Au sens figuré le verbe « gober » prit naturellement le sens de « croire facilement sans réfléchir ». Celui qui gobe tout ce qu’on lui dit ne prend pas le temps de réfléchir et agit avec les informations comme avec un œuf !

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Faire du gringue

faire du gringue

Pourquoi dit-on « faire du gringue » ?



« Faire du gringue » consiste à draguer quelqu’un, chercher à le séduire. Si la drague était un filet de pêche, le terme « gringue » a lui désigné au 19ème siècle du pain.



Sa signification liée à la séduction viendrait, bien qu’il s’agisse d’une hypothèse, d’une transposition d’une autre expression, « faire des petits pains » dont le sens est « chercher à séduire », « faire la cour ».

Le langage français emprunte en effet très souvent au vocabulaire gastronomique pour exprimer l’idée de séduction ou de rapports amoureux, comme dans l’expression « dévorer du regard ». Ainsi on trouve « faire du gringue » dès 1905 dans L’argot au XXème siècle: Dictionnaire français-argot d’Artistide Bruant et Léon de Bercy.

Ne confondons pas celui qui « fait du gringue » de tel autre qui « fait la bringue ». Même s’il faut en convenir, les deux activités sont loin d’être incompatibles !

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Une voix de Stentor

une voix de Stentor

Pourquoi dit-on « une voix de Stentor » ?

Une voix de Stentor est une voix puissante. Elle est si forte qu’elle impressionne, couvre les sons existants et peut être perçue de très loin.

On note l’apparition de cette expression vers le 16ème siècle. Mais son origine date du 8ème siècle avant JC dans les écrits d’Homère. Pour être plus précis, la référence à un homme nommé Stentor se trouve dans l’Iliade, ce texte qui a pour thème la guerre mythologique de Troie qui voit s’affronter les Achéens et les Troyens.

Dans l’Iliade, Homère dit de Stentor qu’il est doté d’ « une voix de bronze, aussi forte que celle de cinquante hommes réunis ». Ce personnage n’est d’ailleurs utilisé dans l’œuvre qu’au titre de référence. La déesse Héra aurait pris son apparence et sa voix pour donner du courage aux soldats grecs. 

Selon la mythologie grecque Stentor perdit la vie vaincu par le dieu Hermès lors justement d’un combat… vocal.

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La puce à l’oreille

la puce à l’oreille

Pourquoi dit-on « la puce à l’oreille » ?

« La puce à l’oreille » est un indice. «Avoir la puce l’oreille » signifie donc se douter de quelque chose, et « mettre la puce à l’oreille » éveiller les soupçons.

Cette expression est utilisée depuis de nombreux siècles mais sa signification a évolué. Au 13ème siècle, les puces sont répandues et en être porteur fort désagréable. Malgré ce, l’expression signifie alors provoquer ou avoir un désir amoureux notamment féminin.

Mais au XVIIe siècle elle revêt un sens différent, et sert désormais à signifier qu’une personne est inquiète ou que son comportement semble agité, comme si des puces la démangeaient.

Il semble ensuite que l’expression ait pris son sens actuel. A voir quelqu’un agité on avait un indice de ce qui causait son inconfort, les puces. Ainsi « avoir la puce à l’oreille » consistait bien à avoir un indice sur une situation donnée.

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L’affaire est dans le sac

l’affaire est dans le sac

D’où vient l’expression « l’affaire est dans le sac » ?

L’affaire qui est « dans le sac » est entendue. Elle est terminée, le problème est réglé, l’accord est trouvé. On ne reviendra plus dessus.

On doit cette expression au monde judiciaire de l’Ancien Régime. A cette époque, comme en grande partie de nos jours, toutes les pièces utilisées lors d’un procès étaient sous forme de papier. Les avocats à la fin de leurs plaidoiries ou les juges une fois le verdict rendu, rangeaient ces documents dans de grands sacs de toile ou de cuir. Le juge déclarait par ailleurs « l’affaire est dans le sac » lorsque l’affaire avait été jugée et ne serait pas réexaminée.

L’avocat persuadé qu’il n’aurait pas à les ressortir pour les utiliser compte tenu de la qualité de son travail, comme le juge eu égard au caractère définitif de sa décision, donnaient ainsi à cet acte une tonalité irrévocable.

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Tenir la corde

tenir la corde

Quelle est l’origine de l’expression « tenir la corde » ?



“Tenir la corde” consiste à être en bonne position, maintenir un bon rythme et être en passe de gagner. Cette expression assez récente peut s’utiliser au sens propre lors d’une course comme au figuré. Dans ce dernier cas elle signifiera « avoir l’avantage » sur ses concurrents dans une affaire par exemple.

Cette locution puise son origine dans le milieu de la course hippique au 19ème siècle. A cette époque l’intérieur du champ de course était délimité par une corde. Pendant la course le cheval qui réussissait à se placer au plus proche de cette corde avait un avantage certain puisqu’il avait à courir moins de distance que ses concurrents. Il était favorisé et avait plus de chance de gagner.



Plus tard l’expression fut utilisée pour les courses de voitures puis finalement au figuré pour tous types d’activités au début du 20ème siècle.

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Être à l’affût

être à l’affût

D’où vient l’expression « être à l’affût » ?



« Etre à l’affût » consiste à guetter, attendre le moment favorable pour agir. Mais quel est ce mystérieux « affût » ? 



Dès le Moyen Âge ce mot fut utilisé pour désigner le support sur lequel le chasseur faisait reposer son arme alors qu’il était en train de guetter le passage d’une éventuelle proie. Encore aujourd’hui un « affût » est dans le jargon militaire une machine de bois ou de métal servant à supporter ou à transporter un canon.



Mais ce terme désigne également l’endroit où les chasseurs se positionnent en attendant que se présente le gibier. Il s’agit donc aussi d’un lieu d’attente et d’observation avant de tirer dès que le gibier parait. D’ailleurs la chasse « à l’affût » sert à qualifier ce type particulier de chasse où l’attente se fait dans un affût. Cette chasse est parfois considérée comme la moins noble en raison de l’immobilité du chasseur et de son attitude passive.

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Faire un carton

faire un carton

Pourquoi dit-on « faire un carton » ?

« Faire un carton » consiste à connaitre un vif succès. Le « carton » en question est celui utilisé comme cible sur les stands de tir dans les fêtes foraines. Pour gagner un prix, le joueur doit toucher le carton, si possible en son centre.

Si au milieu du 20ème siècle l’expression signifiait simplement tirer sur une cible inerte, elle prit quelques décennies plus tard le sens de marquer un maximum de points en atteignant le milieu de la cible le plus grand nombre de fois. La métaphore relative au succès de manière générale découle naturellement de cette signification initiale.

Le verbe « cartonner » peut également être utilisé avec un sens identique alors qu’il signifiait à l’origine « jouer aux cartes » ; de sorte que l’on peut « faire un carton » en faisant un carton ! Autrement dit avoir beaucoup de succès lors d’une partie de cartes.

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C’est Byzance !

c’est Byzance !

D’où vient l’expression « c’est Byzance ! » ?

« C’est Byzance ! » signifie « c’est luxueux ! ». Cette expression soulignant l’opulence ou la beauté d’une situation ou d’un lieu date du 19ème siècle.

Il s’agit d’une référence directe à la prospérité et à la richesse d’antan de la ville de Byzance, située sur le Bosphore et fondée vers 600 avant Jésus Christ. Cette cité est également connue sous le nom de Constantinople en raison de l’appellation que lui donna celui qui en fit la capitale de l’Empire romain en 330 après J.C, Constantin 1er. Bien plus tard, en 1930, elle fut rebaptisée Istanbul.

Même si l’expression semble naturelle compte tenu des richesses de l’ancienne cité, selon certaines interprétations on doit sa popularisation à une réplique d’une pièce de théâtre dans laquelle un des comédiens s’exclamait « Quel luxe ! Quel stupre ! Mais c’est Byzance ». L’expression a en tous cas traversé les siècles pour trouver sa place dans la culture moderne.