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ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval

Quelle est l’origine de l’expression « ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval » ?

On dit d’une chose rare et le plus souvent de grande valeur, qu’elle « ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval ».

Cette expression date du 18ème siècle. Peu avant, un siècle plus tôt pour être précis, on avait recours à l’expression approchante  »dans le pas d’un cheval ». Le « pas » étant la trace. Aujourd’hui le sabot a remplacé la trace mais le sens est resté le même.

Mais pourquoi ne peut-on pas trouver de choses rares sous le sabot d’un cheval ? Tout simplement parce qu’à cet endroit on trouve le plus souvent l’inverse, à savoir une matière sans grande valeur. Vous l’avez compris, on trouve dans la trace ou sous le sabot d’un cheval du crottin, c’est-à-dire quelque chose sans rareté ni valeur considérable (même si certains le ramassaient pour l’utiliser comme fumier). D’où le recours à la forme négative dans l’expression.

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Envoyer à Dache

envoyer à Dache

D’où vient l’expression « envoyer à Dache » ?

« Envoyer à Dache » un individu signifie s’en défaire, s’en débarrasser ou encore l’envoyer promener. On pourrait même traduire l’expression par « envoyer au diable ». Et justement le diable n’y est pas étranger.

Cette expression qui date de 1866, utilise le mot « dache » qui est une altération de ‘diache’, venant de ‘diable’, et qui fut en particulier utilisée dans le nord de la France où elle faisait partie de l’argot courant des ouvriers.

Par extension « à dache » tout seul signifie « au diable », « très loin ». On retrouve l’usage de cette expression familière, chez de nombreux écrivains parmi lesquels Louis-Ferdinand Céline ou Paul de Sémant.

Et justement, Jean Maillet souligne qu’à la fin du 19ème siècle les militaires du Second Empire avaient recours à la formule : « à Dache, perruquier des zouaves ».

A noter que « diable » a donné lieu à de nombreuses altérations comme par exemple « diantre ».

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kif-kif

kif kif

Quelle est l’origine de l’expression « kif-kif » ?

« Kif » est un dédoublement du mot arabe ‘kif’ qui signifie ‘comme’. Cette expression qui veut dire « la même chose » et dont la première trace remonte à la fin du 19ème siècle vient d’Algérie. Proche, « Kif-kif bourricot » se traduit littéralement par « pareil à l’âne ». Celle-ci nous serait parvenue grâce aux soldats engagés en Afrique du Nord.

Au début du 20ème siècle l’expression «c’est du kif» signifiant «c’est la même chose» voit le jour. Mais de nos jours elle peut prêter à confusion puisque  « kif » désigne aussi le cannabis. En réalité le kif-cannabis vient de l’arabe « kef », c’est-à-dire «béatitude». Le verbe « kiffer» en est dérivé.

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Bête à bon Dieu

bête à bon Dieu

Pourquoi dit-on la « bête à bon Dieu » ?

La « bête à bon Dieu » est le nom populaire donné à la coccinelle.

Ce surnom trouve son origine au Moyen Âge. Selon une légende, un homme alors accusé à tort d’un crime était sur le point d’être décapité. Mais une fois sa tête sur le billot, on raconte qu’une coccinelle se posa sur son cou. Malgré les efforts du bourreau pour s’en débarrasser la coccinelle resta en place. On dit alors que le roi Robert II le Pieux qui assistait à l’exécution vit dans l’entêtement de l’insecte un signe divin. Il décida de gracier le condamné.

Mais certains voient plutôt dans cette histoire une simple légende. Ceux-là préfèrent retenir pour origine de l’expression, le travail bénéfique effectué par la coccinelle et ses larves dans la lutte contre les pucerons dans les jardins. Ce trvail parfaitement naturel ne demande aucun effort; il est « divin » !

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Langue de bois

langue de bois

Pourquoi dit-on une « langue de bois » ?

Pratiquer la langue de bois consiste à éviter d’énoncer une réalité par le recours à des tournures de phrase d’ordre général. La langue de bois permet ainsi de détourner une conversation pour éviter de répondre à des questions gênantes.

Cette expression date du XXe siècle en Russie. Avant la révolution on parlait en effet de « la langue de chêne » pour désigner la bureaucratie tsariste, et plus généralement une administration trop lente, trop codifiée et dure, justement tout comme l’arbre.

Ensuite la locution est passée en Pologne pendant le mouvement Solidarność qui la modifie à son tour. Elle devient ainsi « langue de bois » dans ce pays, où elle sert à critiquer le régime soviétique. Elle est ensuite reprise par les journaux français.

Il s’agit donc d’une expression très récente dans notre pays. Elle n’a que 30 ou 40 ans et s’utilise aujourd’hui le plus souvent dans le domaine du discours politique.

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Les absents ont toujours tort

les absents ont toujours tort

D’où vient l’expression « les absents ont toujours tort » ?

Cette expression est très courante mais savez-vous pourquoi les absents ont tort ? Est-ce parce qu’ils ont commis la faute de ne pas être là et se voient en conséquence punis par condamnation a priori de leurs opinions ? Ou bien est-ce parce qu’ils ne peuvent pas se défendre et argumenter leur position ?

Cette seconde explication est la bonne. L’absent est toujours fautif car il n’est pas en mesure de défendre ses intérêts, d’expliquer son point de vue ou sa décision.

Par une formule assez proche les Latins disaient : Absens hoeres non erit, c’est-à-dire « l’absent ne sera pas héritier ».

Mais l’expression qui nous occupe date elle, du 18ème siècle. A cette époque on dit d’ailleurs plutôt : « les os sont pour les absents ». Ce qui signifiait qu’en raison de leur absence ils ne pouvaient pas partager le repas et que par conséquent on leur laissait la part la moins enviable, les os.

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Portrait craché

Portrait craché

D’où vient l’expression « portrait craché » ?

Si quelqu’un est le portrait craché d’un tiers, cela signifie qu’il lui est très ressemblant, qu’il a une apparence similaire.

L’expression est étonnante car on ne crache pas un portrait ! Elle semble de surcroit porter une connotation péjorative. Ce qui n’est pas le cas.

Cette expression est apparue au 15ème siècle. Les linguistes avancent deux hypothèses.

Selon la première, il y aurait eu une assimilation progressive entre le crachat et la parole. Cracher serait parler. Et parler pour décrire une réalité c’est un peu la recréer à l’identique. En crachant par la parole, on reproduirait donc un fait.

La seconde hypothèse se base sur le fait que le crachat est parfois associé à la reproduction. Il existe en effet une analogie chez certains peuples entre la salive crachée et la semence. Or se reproduire consiste à générer un être qui est au moins partiellement identique à son géniteur. On se reproduit donc à la fois esthétiquement et génétiquement.

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Qui s’y frotte s’y pique

qui s’y frotte s’y pique

Quelle est l’origine de l’expression « qui s’y frotte s’y pique » ?

On peut résumer le sens de cette expression par : quand on s’attaque à quelqu’un ou un danger, il convient d’en mesurer les risques.

L’expression « Qui s’y frotte s’y pique » date de la fin du 16ème siècle. On l’attribue souvent aux ducs d’Orléans qui les premiers ont adopté le porc-épic comme emblème, mais aussi aux rois de France Louis XI et Louis XII qui l’utilisèrent et dont elle était la devise.


Mais « Qui s’y frotte s’y pique » peut également provenir de la devise historique très proche, de la ville de Nancy, qui est liée à l’image du chardon : Non inultus premor, ce qui signifie : Je ne suis pas attaqué sans tirer vengeance. Il s’agissait notamment de la devise de certains chevaliers qui par ces mots prévenaient leurs adversaires de la vigueur de leur riposte en cas d’attaque. Les armoiries présentaient par ailleurs un chardon.

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Se lever du pied gauche

se lever du pied gauche

D’où vient l’expression « se lever du pied gauche » ?

Se lever du pied gauche signifie être de mauvaise humeur, mal débuter sa journée. Il se peut que l’expression soit due tout simplement au fait que les droitiers soient majoritaires dans la population. Par conséquent pour la plupart d’entre nous et pour un meilleur équilibre, il vaut mieux se lever du pied droit.

Mais à y regarder de plus près depuis l’Antiquité le côté gauche a une connotation négative. L’adjectif latin «sinister» qui a donné le mot «senestre», signifiant la gauche en ancien français, a aussi donné le mot «sinistre». C’est dire si la gauche est chargée péjorativement.
La gauche est également associée à la maladresse, d’où l’expression avoir « deux mains gauches ». De même le « pied gauche » est considéré comme le mauvais pied.

Enfin, déjà les augures romains chargés d’interpréter les signes des dieux pour prédire l’avenir et conseiller les puissants observaient la direction des oiseaux dans le ciel. S’ils venaient de la gauche, il s’agissait d’un mauvais présage.

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La petite reine

la petite reine

Pourquoi dit-on « la petite reine » pour le vélo ?

Cette expression semble avoir deux sources.

La première explication se trouve au Pays-Bas où la Reine Wilhelmine d’Orange-Nassau devint reine à l’âge de 10 ans. Et il se trouve qu’elle se déplaçait très fréquemment à vélo. Une reine amatrice de vélo, voilà quelle serait l’origine de ce nom étrange de « petite reine ».

Il fut pour la première fois utilisé dans un article de La France illustrée datant de 1898, lors d’un déplacement de la reine en France. Puis progressivement la « petite reine » aurait désigné la bicyclette elle-même.

La deuxième hypothèse se réfère à l’homme de lettres et ancien rédacteur du magazine « Vélo », Pierre Giffard. En 1891, il publia un ouvrage traitant de « l’histoire du vélocipède, des temps les plus reculés jusqu’à nos jours » sous le titre « La Reine Bicyclette ». Devenue ensuite « la Petite Reine » l’expression passa dans le langage courant.